De plus en plus de
collectivités territoriales engagent une démarche Open Data pour se mettre en
conformité avec la loi mais surtout pour permettre une démarche de transparence
vis-à-vis de leurs administrés. Ce n’est pas la première initiative politique
afin de rapprocher les citoyens de leurs élus, les conseils de quartier et les
actions de démocratie participative en sont les principaux exemples.
Aujourd’hui, cette démarche est différente car elle doit donner la possibilité
de mettre à disposition toutes les données publiques afin de mieux faire
connaître le territoire et tout ce qui le compose.
Rennes, Paris, Nantes,
Montpellier, Bordeaux pour les villes et agglomérations, Saône-et-Loire, Gironde
et Maine-et-Loire pour les départements ont été les précurseurs sans toujours
rencontrer le succès populaire. Jusqu’à présent ce sont surtout des initiés,
des spécialistes de l’informatique, ce microcosme de jeunes talents aux dents
longues qui se sont investis pour développer leurs propres produits. De
nombreuses applications ont été créées dans des domaines forts variés mais
toujours liées à la vie quotidienne de nos concitoyens (habitat, DD, transport,
budget, tourisme, …). Ces expériences ont une nouvelle fois démontrées que l’on
fait mieux et plus vite à plusieurs que tout seul, et que rien que pour cela la
mise en ligne des données est un succès.
Ne nous interdisons
pas d’être critique, comme toujours trop d’information tue l’information, et
les données publiées sont souvent trop technocratiques dans leur présentation
brute.
Si l’on veut
intéresser le grand public, il faudrait faire en sorte que ces données ne
soient pas traitées différemment de toutes les informations que l’on trouve sur
le site internet de la collectivité. Une société de l’information se doit
d’être transparente, mais aussi de formater ses données, de les rendre
compréhensible au plus grand nombre. Ces collectivités qui prennent ces
initiatives pour avoir un bonus en terme d’image et qui le font savoir par des
campagnes de communication et par des sites internet distincts n’auront
réellement de résultat que si elles facilitent l’accès à ces informations.
Un Open Data n’est
utile qu’à partir du moment où il est connu, expliqué et l’adhésion simplifiée. C’est uniquement ainsi que cette transparence des données redonnera
envie aux citoyens de s’intéresser à la vie locale, et qu’une meilleure
compréhension des problématiques territoriales transfigurera notre démocratie
locale. Si cet effort de mise à disposition simplifiée des données n’est pas
réalisé, l’Open Data risquerait alors de n’être qu’un effet de mode. Il ne faut
pas oublier que la fréquentation des sites Internet institutionnels, malgré
leur modernité et leur interactivité, n’est pas aussi forte que ce que l’on
pouvait espérer, une majorité des internautes fréquentant d’autres types de
sites moins officiels.
Avec l’Open Data, tel
qu’il est visité à ce jour, nous renvoie aux ambitions initiales d’internet en
étant un espace de liberté et de découverte de nouveaux territoires. La société
du savoir que nous appelons de nos vœux se doit d’être transparente. La
multiplication des services innovants ont besoin de matières premières donc de
données brutes et de supports de communication afin de faire connaître leurs
travaux (applis). Les collectivités ont besoin de ces professionnels, de ces
pionniers dans le cadre d’une nouvelle gouvernance. Toutes ces démarches
appellent la multiplication des coopérations productives (crowdsourcing) et
même la mutualisation de la mise en ligne des données. Cette dernière risque
naturellement de rendre moins lisible les collectivités dans leur volonté
d’être perçu comme moderne, mais elle est la prochaine étape en particulier en
matière d’open source. On en revient toujours à cette question originaire,
l’Open Data est-il avant tout un outil promotionnel ou un élément majeur de
conquête d’une nouvelle gouvernance démocratique ?