Qui êtes-vous ?

Je suis spécialiste de la communication depuis plus de 25 ans, prestataire pour les collectivités territoriales et les entreprises pendant plus de 15 ans, ancien élu local à Orléans avec Jean-Pierre Sueur, et directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne de 2008 à fin 2011. Pour bien profiter de sa vie professionnelle, il faut alterner des périodes d’action et de réflexion. J’ai aujourd'hui la possibilité de prendre un peu de recul pour analyser le travail accompli, mais surtout pour réfléchir à l’évolution de la communication dans la sphère publique et corporate. Vous trouverez dans ce blog des articles sur la communication publique et territoriale sous toutes ses formes. J’espère que vous serez nombreux à partager cette contribution pour que nous puissions tous ensemble crédibiliser davantage notre métier. Fabrice Van Borren Le 17 novembre 2011

lundi 9 juillet 2012

OPEN DATA, EFFET DE MODE OU OUTIL DÉMOCRATIQUE


De plus en plus de collectivités territoriales engagent une démarche Open Data pour se mettre en conformité avec la loi mais surtout pour permettre une démarche de transparence vis-à-vis de leurs administrés. Ce n’est pas la première initiative politique afin de rapprocher les citoyens de leurs élus, les conseils de quartier et les actions de démocratie participative en sont les principaux exemples. Aujourd’hui, cette démarche est différente car elle doit donner la possibilité de mettre à disposition toutes les données publiques afin de mieux faire connaître le territoire et tout ce qui le compose.
Rennes, Paris, Nantes, Montpellier, Bordeaux pour les villes et agglomérations, Saône-et-Loire, Gironde et Maine-et-Loire pour les départements ont été les précurseurs sans toujours rencontrer le succès populaire. Jusqu’à présent ce sont surtout des initiés, des spécialistes de l’informatique, ce microcosme de jeunes talents aux dents longues qui se sont investis pour développer leurs propres produits. De nombreuses applications ont été créées dans des domaines forts variés mais toujours liées à la vie quotidienne de nos concitoyens (habitat, DD, transport, budget, tourisme, …). Ces expériences ont une nouvelle fois démontrées que l’on fait mieux et plus vite à plusieurs que tout seul, et que rien que pour cela la mise en ligne des données est un succès.
Ne nous interdisons pas d’être critique, comme toujours trop d’information tue l’information, et les données publiées sont souvent trop technocratiques dans leur présentation brute.
Si l’on veut intéresser le grand public, il faudrait faire en sorte que ces données ne soient pas traitées différemment de toutes les informations que l’on trouve sur le site internet de la collectivité. Une société de l’information se doit d’être transparente, mais aussi de formater ses données, de les rendre compréhensible au plus grand nombre. Ces collectivités qui prennent ces initiatives pour avoir un bonus en terme d’image et qui le font savoir par des campagnes de communication et par des sites internet distincts n’auront réellement de résultat que si elles facilitent l’accès à ces informations.
Un Open Data n’est utile qu’à partir du moment où il est connu, expliqué et l’adhésion simplifiée. C’est uniquement ainsi que cette transparence des données redonnera envie aux citoyens de s’intéresser à la vie locale, et qu’une meilleure compréhension des problématiques territoriales transfigurera notre démocratie locale. Si cet effort de mise à disposition simplifiée des données n’est pas réalisé, l’Open Data risquerait alors de n’être qu’un effet de mode. Il ne faut pas oublier que la fréquentation des sites Internet institutionnels, malgré leur modernité et leur interactivité, n’est pas aussi forte que ce que l’on pouvait espérer, une majorité des internautes fréquentant d’autres types de sites moins officiels.
Avec l’Open Data, tel qu’il est visité à ce jour, nous renvoie aux ambitions initiales d’internet en étant un espace de liberté et de découverte de nouveaux territoires. La société du savoir que nous appelons de nos vœux se doit d’être transparente. La multiplication des services innovants ont besoin de matières premières donc de données brutes et de supports de communication afin de faire connaître leurs travaux (applis). Les collectivités ont besoin de ces professionnels, de ces pionniers dans le cadre d’une nouvelle gouvernance. Toutes ces démarches appellent la multiplication des coopérations productives (crowdsourcing) et même la mutualisation de la mise en ligne des données. Cette dernière risque naturellement de rendre moins lisible les collectivités dans leur volonté d’être perçu comme moderne, mais elle est la prochaine étape en particulier en matière d’open source. On en revient toujours à cette question originaire, l’Open Data est-il avant tout un outil promotionnel ou un élément majeur de conquête d’une nouvelle gouvernance démocratique ?