Qui êtes-vous ?

Je suis spécialiste de la communication depuis plus de 25 ans, prestataire pour les collectivités territoriales et les entreprises pendant plus de 15 ans, ancien élu local à Orléans avec Jean-Pierre Sueur, et directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne de 2008 à fin 2011. Pour bien profiter de sa vie professionnelle, il faut alterner des périodes d’action et de réflexion. J’ai aujourd'hui la possibilité de prendre un peu de recul pour analyser le travail accompli, mais surtout pour réfléchir à l’évolution de la communication dans la sphère publique et corporate. Vous trouverez dans ce blog des articles sur la communication publique et territoriale sous toutes ses formes. J’espère que vous serez nombreux à partager cette contribution pour que nous puissions tous ensemble crédibiliser davantage notre métier. Fabrice Van Borren Le 17 novembre 2011

jeudi 14 mars 2013

DIRCOM, SOUS PRESSION MAIS PAS SANS SOLUTION


Le rôle du directeur de la communication d’une collectivité territoriale a certainement davantage évolué que celui d’une entreprise ces dix dernières années, et c’est loin d’être terminé. Le monde vit sa troisième révolution économique et l’ensemble des acteurs sociaux en sont impactés. Les collectivités territoriales ne sont pas épargnées et les exécutifs politiques doivent naturellement en tenir compte dans leur projet, mais aussi dans leur communication. Le DirCom n’est donc plus celui qui met simplement en musique l’activité de la ville, de l’agglomération, du département ou de la région. Il n’est plus l’attaché de presse fidèle, le rédacteur en chef « compagnon de route » ou l’homme orchestre d’une direction pléthorique.
Aujourd’hui le DirCom doit être doté d’une dimension stratégique majeure, et si il reste ancré dans l’opérationnel c’est pour mieux répondre à la surexposition de la fonction. L’émergence de nouveaux modes de communication a redessiné entièrement son périmètre d’action, et face à la pluralité des publics sa capacité de réactivité et de créativité en est démultipliée.
La communication exclusivement descendante, communication de transmission, est progressivement placardisée afin de laisser sa place à une communication négociation. Cette révolution nécessite des DirComs beaucoup plus à l’écoute de la société et cette nouvelle gouvernance citoyenne touche la communication au cœur même de ses plans d’action.
Et si le DirCom reste un acteur de l’exécutif territorial avec un véritable pouvoir d’influence, il est aussi celui qui doit comprendre et renvoyer les exigences des citoyens. Il est à une des intersections de la société de l’information. Fédérateur, conciliateur et quelquefois même « pompier », sa surexposition l’oblige à désamorcer les éventuelles crises démocratiques.
Plus l’environnement est anxiogène, et comment ne pas reconnaître qu’il est actuellement, plus les collectivités territoriales se doivent d’être exemplaires, et avouons-le cela n’a pas toujours été le cas. La gestion des risques est par conséquent devenue le quotidien des DirComs, l’accroissement des réseaux sociaux ne fait que renforcer la problématique. Les élus doivent s’appuyer sur le professionnalisme de leur directeur et sur leur capacité à rendre lisible le projet politique afin qu’il soit bien compris par l’ensemble des citoyens électeurs comme la réponse à leurs préoccupations. La transparence devient la règle pour renforcer la légitimité écornée des politiques et éviter que le débat démocratique ait lieu hors des circuits institutionnels. Ces nouvelles contraintes n’interdisent pas la création de sens, bien au contraire elles doivent la stimuler afin de tenir compte d’une concurrence territoriale toujours plus affirmée. La multiplication des stratégies de marketing territorial est une conséquence logique de ce climat anxiogène. Il faut exister, se démarquer, se distinguer pour rivaliser avec le voisin ou celui qui est à l’autre bout de la Terre pour obtenir une offre concurrentielle de qualité. Il est utile de retrouver des racines dans un monde de plus en plus artificiel. L’identité et l’émotion sont de retour pour favoriser la naissance de nouvelles communautés culturelles. Le DirCom est un metteur en scène dont le scénario ne peut plus être écrit à l’avance, il se met en place au fur et à mesure des échanges entre le politique et les différents publics cibles. Une confiance absolue est nécessaire vis à vis de son professionnalisme et de sa capacité à rapprocher l’offre de la demande.

Le DirCom va de voir faire vivre cette nouvelle gouvernance par une révision de son organisation et de ses missions. Par exemple, il va falloir regrouper (ou tout au moins rapprocher dans un premier temps) toutes les fonctions de production de messages (édition du magazine, portail internet et réseaux sociaux, et relation presse) pour assurer cohérence et productivité. Une nouvelle ère s’ouvre pour la communication, et si cela génère plus de pression pour le DirCom, il ne se trouve pas démuni de solutions.

vendredi 1 mars 2013

EN ROUTE VERS LA FIN DU MANDAT


La France est une nouvelle fois en décalage avec les autres démocraties occidentales, lorsque la plupart d’entre elles généralisent le mandat unique depuis des années, nous nous débattons à l’infini sur les bienfaits du cumul et sur notre incapacité à trancher. Par contre nous n’hésitons pas à restreindre le droit fondamental d’informer en limitant les dépenses électorales et en contraignant les exécutifs à ne pas engager de nouvelles actions de communication un an avant l’échéance. Il n’est donc pas évident pour les responsables de communication de développer leur stratégie de manière efficace et pérenne jusqu’à la fin du mandat.
Pour les collectivités locales la cause est entendue, il va falloir se mettre en sommeil créatif, les nouveaux projets devront attendre. Pendant près d’un an (en réalité 6 mois d’après l’article L.52-8 du code électoral) la vie de la direction de la communication va perdre de sa superbe, non pas que le travail va manquer car les élus vont être triplement prudents de peur de se retrouver en situation d’inéligibilité. L’opérationnel va prendre le pas sur le stratégique…
Il en est tout autrement en 2013 pour les Conseils régionaux et généraux, le renouvellement n’aura lieu qu’en 2015. Il reste par conséquent un an pour imaginer la fin du mandat. Tout doit être fait pour rassurer les élus et convaincre les électeurs de renouveler leur confiance à la majorité sortante - Et tout cela dans un contexte économique et social très délicat –
Les collectivités territoriales voient leurs ressources contraintes par la diminution des dotations de l’Etat, ce qui aura à coup sûr des conséquences sur les budgets de communication. Gestion rigoureuse, imagination, diminution des prestations externalisées vont être des postures incontournables. Il faut reconnaître que cet effort n’est pas nouveau. De 2008 à 2011, la ville de Saint-Etienne a baissé son budget de communication de plus de 30%, sans réellement déceler une baisse de la qualité des prestations. Ce sont dans les périodes de crise que le professionnalisme se doit être sans faille.

Il n’est plus l’heure, dans les régions et les départements, de se lancer dans de grandes réflexions stratégiques, l’exécutif politique déploie ses derniers projets et tente de limiter l’impact de la situation économique désastreuse. Selon un sondage IPSOS pour le site Internet Atlantico, 83% des Français jugent nécessaire une baisse des dépenses des collectivités. C’est une réalité incontournable qui ne doit pas occulter le rôle majeur de celles-ci dans le développement économique de nos territoires (les budgets des collectivités territoriales représentent plus de 11% du PIB). Le rôle de la communication est aussi d’expliquer, à travers les politiques publiques, l’importance des collectivités. Nous ne sommes plus dans le « je dépense donc je suis » que l’on a souvent reproché à celles-ci.
Une communication didactique sans être rébarbative peut être un appui non négligeable à l’image positive de la majorité politique. Les supports de communication traditionnels (magazine, portail Internet, campagnes de publicité) doivent majoritairement être consacré à cette explication politique. Ils sont cependant insuffisants, il faut aller à la rencontre des citoyens à partir de manifestations publiques mais aussi, et surtout, des réseaux sociaux, avec toujours à l’esprit la nécessaire rigueur budgétaire. Oublions les paillettes et investissons la proximité. La communication sur les services à la population reste la priorité des prochains mois.

Mais cette période pré-électorale peut être aussi l’occasion de faire de la prospective et de réfléchir à la communication qui accompagnera le nouveau projet politique. Il ne doit pas avoir de rupture, en cas naturellement de victoire électorale, et dès l’installation du nouvel exécutif la direction de la communication doit être en capacité de proposer les premières actions. Dans une société de l’information, le « juste temps » et l’impact instantané sur le récepteur sont des notions majeures de réussite.

Ces prochaines élections se situent à un tournant de la démocratie, en particulier en raison de la nouvelle étape de décentralisation. La nouvelle gouvernance territoriale va nécessiter une participation accrue de tous les acteurs sociaux et économiques, y compris les citoyens, dans l’échange des informations politiques, sociales, ou culturelles. Chacun doit pouvoir exprimer ses sentiments, ses réflexions, ses propositions. Nous allons passer, comme le souligne Dominique Wolton de la « communication-transmission » à la « communication-négociation » où l’émetteur doit compter avec l’intelligence des récepteurs et composer avec leur retour critique. La crise nous a rendu perplexe sur la capacité des politiques à résoudre nos problèmes, et les modèles existants ne fonctionnent plus. Les technologies de l’information génèrent déjà de nouveaux horizons « révolutionnaires ». Cette crise de confiance doit engager réellement l’ouverture aux usagers/citoyens/clients et fonder de nouvelles relations entre les différents acteurs. N’attendons pas pour agir, l’année qui est devant nous doit servir à ce rapprochement.