Qui êtes-vous ?

Je suis spécialiste de la communication depuis plus de 25 ans, prestataire pour les collectivités territoriales et les entreprises pendant plus de 15 ans, ancien élu local à Orléans avec Jean-Pierre Sueur, et directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne de 2008 à fin 2011. Pour bien profiter de sa vie professionnelle, il faut alterner des périodes d’action et de réflexion. J’ai aujourd'hui la possibilité de prendre un peu de recul pour analyser le travail accompli, mais surtout pour réfléchir à l’évolution de la communication dans la sphère publique et corporate. Vous trouverez dans ce blog des articles sur la communication publique et territoriale sous toutes ses formes. J’espère que vous serez nombreux à partager cette contribution pour que nous puissions tous ensemble crédibiliser davantage notre métier. Fabrice Van Borren Le 17 novembre 2011

mercredi 23 janvier 2013

LES CEREMONIES DE VOEUX, OVNI DU XXIème SIECLE ?


En cette fin de période de vœux que faut-il encore penser de cette tradition républicaine qui veut que nos élus aillent à la rencontre de leurs concitoyens … et surtout de ceux qui constituent le microcosme institutionnel ou « forces vives » (élus des autres collectivités, responsables économiques et associatifs,…).
Avec les différentes réformes de décentralisation les élus ont eu besoin d’une plus grande visibilité et ces cérémonies sont devenues un temps fort de la vie locale, un moment où le représentant du peuple se sent investi d’une mission. Les budgets de communication ont alors explosé, rien n’était assez beau pour valoriser les élus bâtisseurs. Il faut avouer que c’était aussi un temps fort pour les communicants, ils pouvaient montrer à tous leurs talents créatifs. Fini la simple cérémonie conviviale, vive le spectacle « son et lumière » … artistes sur scène, films les plus délirants, buffets gargantuesques. Il fallait chaque année surprendre son auditoire, et surtout faire mieux que la collectivité voisine, car ces cérémonies de vœux permettent aux uns et aux autres de se revoir plusieurs fois en l’espace de quelques jours.
Lorsque je suis arrivé en 2008 à la ville de Saint-Etienne, le budget consacré aux vœux (le personnel ne pouvait pas être oublié si bien que chaque collectivité n’organise pas une mais deux cérémonies) dépassait allègrement les 100 000 euros. Avec le maire Maurice Vincent, nous avons réduit par quatre le budget. Comment pouvait-on continuer à de telles dépenses dans une période où l’on demandait à tous de faire des économies ? La question de la suppression des cérémonies des vœux a même été posée. La réponse fut négative, il fallait perpétuer cette tradition républicaine mais la transformer et revenir à beaucoup plus de sobriété. L’objectif des deux cérémonies est globalement le même : une rencontre avec les acteurs du territoire afin de faire un point précis du projet politique en cours de réalisation et un moment d’échange convivial. Une autre image de la collectivité devait être présentée.
A partir de mon expérience de directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne, je formulerai les propositions suivantes :
1)  Réduire le nombre de cérémonies
Si je devais conserver qu’une seule cérémonie je privilégierai  celle des vœux au personnel de la collectivité. C’est un moment unique pour valoriser le travail de fourmi et les initiatives de l’année réalisés par les agents. Toutefois je ne crois pas qu’il soit nécessaire de faire venir des pom-pom girls ou une troupe brésilienne (la ville d’Orléans a dépensé cette année 52.000 euros pour les vœux au personnel municipal). Les agents sont en première ligne pour subir les contraintes financières de la crise, inutile de vouloir les éblouir par des paillettes. A Saint-Etienne nous nous appuyâmes sur la thématique annuelle DD pour animer la soirée.
Réduire les coûts c’est aussi regrouper les manifestations institutionnelles. Dans un chef lieu de département, on peut se retrouver aux vœux du Préfet, des Présidents du Conseil régional, du Conseil général, de l’agglomération et des principaux maires, soit une dizaine de soirées en trois semaines !!! Je suis persuadé qu’avec un peu de créativité et de bon sens, il serait possible de diminuer de moitié. Par exemple, l’agglomération et les maires pourraient ne faire qu’une seule cérémonie,  et la Préfecture avec le Conseil général (ils sont souvent dans les mêmes locaux). Cela ne pourrait que renforcer les liens entre les uns et les autres.

2)  Optimiser la communication
Pour une plus grande cohérence en terme d’image, ces cérémonies nécessitent une action de communication associée à celle plus générale des vœux à la population. C’est un temps fort pour la collectivité, en particulier lorsque l’on commence à se rapprocher des échéances électorales et que l’on souhaite présenter ses premières réalisations.
La carte de vœux et d’invitation papier n’est plus indispensable, la créativité numérique est bien moins coûteuse. Il faut cependant faire très attention à ce que l’e-card soit lisible par le plus grand nombre. Une trop grande prouesse technique peut être un échec populaire.
L’utilisation des « mass-media » (affichage 4x3, panneaux municipaux électroniques, magazine) est difficile car le cercle des invités est très souvent restreint, dans le cas contraire où toute la population est invitée (ce qui est extrêmement rare dans les grandes collectivités) il ne faut surtout pas hésiter à investir ces media.

3)  Revisiter l’organisation des cérémonies
Le temps des « grandes messes » à l’américaine, des shows sophistiqués est derrière nous, chacun doit retrouver raison. La nécessaire recherche d’économies doit amener une réflexion approfondie sur le concept des vœux. Pour ce qui me concerne, ces cérémonies doivent être informatives, participatives, récompensatoires, et conviviales.
Pour introduire la soirée il peut être présenté un film d’une dizaine de minutes qui revient sur l’année écoulée. Ensuite, afin de garder un auditoire à l’écoute il est nécessaire de limiter la parole en nombre d’intervenants et en temps de parole. Le principal intervenant, et même si possible l’unique, doit être le maire ou le président de la collectivité. Celui-ci doit faire partager son action aussi bien en terme de bilan que de projet. Dans certaines conditions, il peut être intéressant de laisser d’autres élus intervenir afin de valoriser l’équipe soit en direct, soit à travers une video. Il faut aller à l’essentiel, ne pas vouloir rentrer dans le détail, le public doit ressortir avec une vision claire de l’action engagée. Si celui-ci a été invité on peut parfaitement imaginer une prise de parole dans la salle sans risquer la controverse.
Ces cérémonies sont aussi l’occasion de remercier et de valoriser des agents ou acteurs de la Cité. Un nombreux public est une caisse de résonnance puissante pour montrer comment l’exécutif sait renvoyer l’ascenseur, cela fait partie de la nouvelle gouvernance.
Enfin, une soirée des vœux ne peut se terminer sans un moment de convivialité. Il est important de ne pas négliger le buffet cocktail, car il peut faire du tord à la première partie politique de la soirée. La crise financière reconnue par tous permet d’éviter l’opulence. Il vaut mieux négliger quelque peu la qualité pour maintenir la quantité… Il n’est jamais bon de quitter une telle soirée en ayant faim !!! Une partie musicale sera la bienvenue pour les vœux au personnel de la collectivité. Dans tous les cas nous recommandons de ne pas hésiter à faire appel à des associations, des écoles du territoire, les coûts seront réduits et la présence d’acteurs locaux sera extrêmement bien perçue. Tout doit être fait pour donner envie aux uns et aux autres de prolonger ce moment de convivialité et de rencontre avec les élus (car naturellement ils sont tous là !!!, combien de fois ai-je vu certains élus être absents ou s’éclipser dès la fin du discours).

En conclusion, les cérémonies de vœux ne sont pas prêtes de disparaître car elles restent un moment rare de rencontre entre les élus et les forces vives du territoire (attention de na pas inviter toujours les mêmes). Il faut simplement se serrer quelque peu la ceinture (et le faire savoir) pour rester dans des budgets « raisonnables » (certains trouveront toujours que ces dépenses sont superfétatoires) et adaptée à la collectivité. Rythmée, épurée, conviviale sont les trois ingrédients pour présenter un évènement de qualité, aux élus de faire le reste !!!

mardi 22 janvier 2013

LE WEB SOCIAL ET ANNÉE THÉMATIQUE DD


Directeur de la communication à la ville de Saint-Etienne pendant quarante mois (juillet 2008 à novembre 2011) j’ai initié de nombreux projets en particulier autour du web territorial. Notre ambition était de passer d’une information descendante à une communication codirigée. Si des outils ont été mis en place (portails Internet et Intranet, Facebook, Tweeter, You Tube), la volonté politique n’a pas toujours suivi. Cette prudence restera mon plus grand regret car à partir de cette révolution numérique nous aurions pu aller plus loin avec le développement de nos propres réseaux sociaux.

Dans une période de restriction budgétaire, les près de 4000 agents municipaux auraient pu être davantage associés et mobilisés par la création d’une ou plusieurs communautés de collaborateurs. Nous aurions pu initier la démarche de web collaboratif avec l’année thématique DD. Chaque année, sur proposition de la direction de la communication, le Maire choisissait une thématique autour du développement durable (un peu de pragmatisme ne peut être néfaste à cette nécessité sociétale) afin de le rendre plus concret et d’en faire un projet porté par toute l’administration municipale. Ce second objectif n’a pas toujours été un franc succès malgré la bonne volonté de cadres et d’agents. La mise en place d’un réseau social municipal dans ce domaine aurait permis une meilleure mise en relation des agents et l’émergence de communautés d’intérêt et par conséquent de projets portés par le plus grand nombre. Cette ouverture aux agents aurait été fondatrice d’une nouvelle relation entre eux et l’administration. Naturellement tout cela n’était possible que si la collectivité décidait de réduire la fracture numérique en dotant l’ensemble des agents d’un accès Internet/Intranet.

En 2013, cette année thématique connaîtra sa 5ème édition et reste ainsi une de mes grandes fiertés. Cependant elle aurait pu être davantage portée si nous avions osé « un Facebook municipal », si nous avions ouvert cette boîte à idées, si nous avions fait confiance à tous ces talents sous utilisés. Inutile de multiplier les réunions qui peuvent entraver la vie des services, le web collaboratif est justement conçu pour ce type de problématique. Nous avons développé un portail Intranet qui techniquement pouvait servir d’outil numérique sur lequel s’appuyer. Il va bien falloir accepter que la performance « économique » ne puisse être réelle sans performance sociale. Un réseau social municipal autour de l’année thématique DD aurait été un apprentissage idéal au web social. Espérons que cette aventure numérique sera très vite une réalité dans de nombreuses collectivités territoriales, en particulier à l’intérieur de leur administration.