Dans un précédent
article j’avais précisé mon sentiment concernant les relations entre le
directeur de cabinet et le directeur de la communication suite à mon expérience
à la tête de la communication de la ville de Saint-Etienne. Tout au long de ces
derniers mois, j’ai pu étudier et comparer les organigrammes des principales
collectivités territoriales et il n’est pas rare de trouver un nouveau
personnage : le DirCabDirCom. Je dois avouer qu’en tant que DirCom je fus
longtemps sceptique sur cet être bicéphale. Et si en réalité nous avions là la
solution à tous les maux rencontrés dans les délicats rapports entre le DirCab
et le DirCom.
Une collectivité
territoriale n’est pas une entreprise classique, et le DirCom ne peut pas être
un simple expert en communication. Il se doit d’être « un politique »
qui a assimilé l’ensemble des codes de ce microcosme très particulier, sans
toutefois perdre une certaine objectivité due à sa tunique de technicien.
L’efficacité et la cohérence des messages pour promouvoir le territoire sont
nécessaires mais pas suffisantes. Il n’est pas rare, et pas illogique, de voir
le DirCab intervenir pour vérifier que ces actions de communication valorisent
légitimement l’exécutif. Il est dans son rôle si cette intervention est
comprise dans une perspective de long terme. Dans ces conditions, le DirCab est
plus important pour le DirCom que le directeur général des services. Le DirCab
reste l’interlocuteur privilégié des élus, c’est à lui d’expliquer les choix de
communication qui sont actés par le maire/président et d’être l’avocat du
DirCom dont les choix ne sont pas toujours compris par les élus.
Pourtant nous savons
tous que quelquefois il est plus pertinent d’être son propre avocat !!
Tout est une question de légitimité et de titre de la fonction que l’on occupe.
Avant de faire connaître la politique de communication de la collectivité
auprès des citoyens, il est nécessaire de convaincre les élus de la majorité.
Le DirCab est là pour
servir et protéger l’exécutif, mais aussi pour le valoriser, et cette dernière
mission est aussi celle du DirCom. La réflexion stratégique et le choix des
actions et outils de communication prioritaires sont sous la responsabilité de
ces deux professionnels. Cependant la réactivité, l’efficacité et la nécessité
de réduire les coûts de fonctionnement peuvent inciter à confier cette
difficile mission à un seul professionnel, notre fameux DirCabDirCom. A ce
moment là, la mise en place de la communication est exercée par un responsable
de service. Il est plus facile de tirer dans le même sens lorsque l’on est tout
seul qu’à deux … les divergences sont plus rares !!! Sans oublier qu’il
sera plus facile de vendre la politique promotionnelle du territoire auprès des
élus, surtout si le maire/président a investi son DirCabDirCom comme son
véritable bras droit.
Ces deux fonctions ne
définissent pas des profils très différents, et nombre de DirCab sont d’anciens
DirCom. Il ne faut pas avoir peur de cette évolution, même si de nombreuses
collectivités continueront à séparer les deux fonctions. Le regroupement peut-être
une solution momentanée, en particulier à l’approche des échéances électorales.
Tout doit être sous contrôle pour mieux mobiliser les électeurs et les citoyens
… sans oublier les élus.
Pour conclure, je dirai
qu’il n’y a pas de formule idéale, et que le choix se fera souvent
naturellement en fonction des professionnels en présence, de la période qui va
s’ouvrir et du rôle que doit jouer la communication au sens le plus large
(communication on et off line, RP, événementiel,…).