Qui êtes-vous ?

Je suis spécialiste de la communication depuis plus de 25 ans, prestataire pour les collectivités territoriales et les entreprises pendant plus de 15 ans, ancien élu local à Orléans avec Jean-Pierre Sueur, et directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne de 2008 à fin 2011. Pour bien profiter de sa vie professionnelle, il faut alterner des périodes d’action et de réflexion. J’ai aujourd'hui la possibilité de prendre un peu de recul pour analyser le travail accompli, mais surtout pour réfléchir à l’évolution de la communication dans la sphère publique et corporate. Vous trouverez dans ce blog des articles sur la communication publique et territoriale sous toutes ses formes. J’espère que vous serez nombreux à partager cette contribution pour que nous puissions tous ensemble crédibiliser davantage notre métier. Fabrice Van Borren Le 17 novembre 2011

mercredi 19 décembre 2012

ET SI IL N'Y EN AVAIT PLUS QU'UN ?


Dans un précédent article j’avais précisé mon sentiment concernant les relations entre le directeur de cabinet et le directeur de la communication suite à mon expérience à la tête de la communication de la ville de Saint-Etienne. Tout au long de ces derniers mois, j’ai pu étudier et comparer les organigrammes des principales collectivités territoriales et il n’est pas rare de trouver un nouveau personnage : le DirCabDirCom. Je dois avouer qu’en tant que DirCom je fus longtemps sceptique sur cet être bicéphale. Et si en réalité nous avions là la solution à tous les maux rencontrés dans les délicats rapports entre le DirCab et le DirCom.

Une collectivité territoriale n’est pas une entreprise classique, et le DirCom ne peut pas être un simple expert en communication. Il se doit d’être « un politique » qui a assimilé l’ensemble des codes de ce microcosme très particulier, sans toutefois perdre une certaine objectivité due à sa tunique de technicien. L’efficacité et la cohérence des messages pour promouvoir le territoire sont nécessaires mais pas suffisantes. Il n’est pas rare, et pas illogique, de voir le DirCab intervenir pour vérifier que ces actions de communication valorisent légitimement l’exécutif. Il est dans son rôle si cette intervention est comprise dans une perspective de long terme. Dans ces conditions, le DirCab est plus important pour le DirCom que le directeur général des services. Le DirCab reste l’interlocuteur privilégié des élus, c’est à lui d’expliquer les choix de communication qui sont actés par le maire/président et d’être l’avocat du DirCom dont les choix ne sont pas toujours compris par les élus.
Pourtant nous savons tous que quelquefois il est plus pertinent d’être son propre avocat !! Tout est une question de légitimité et de titre de la fonction que l’on occupe. Avant de faire connaître la politique de communication de la collectivité auprès des citoyens, il est nécessaire de convaincre les élus de la majorité.
Le DirCab est là pour servir et protéger l’exécutif, mais aussi pour le valoriser, et cette dernière mission est aussi celle du DirCom. La réflexion stratégique et le choix des actions et outils de communication prioritaires sont sous la responsabilité de ces deux professionnels. Cependant la réactivité, l’efficacité et la nécessité de réduire les coûts de fonctionnement peuvent inciter à confier cette difficile mission à un seul professionnel, notre fameux DirCabDirCom. A ce moment là, la mise en place de la communication est exercée par un responsable de service. Il est plus facile de tirer dans le même sens lorsque l’on est tout seul qu’à deux … les divergences sont plus rares !!! Sans oublier qu’il sera plus facile de vendre la politique promotionnelle du territoire auprès des élus, surtout si le maire/président a investi son DirCabDirCom comme son véritable bras droit.

Ces deux fonctions ne définissent pas des profils très différents, et nombre de DirCab sont d’anciens DirCom. Il ne faut pas avoir peur de cette évolution, même si de nombreuses collectivités continueront à séparer les deux fonctions. Le regroupement peut-être une solution momentanée, en particulier à l’approche des échéances électorales. Tout doit être sous contrôle pour mieux mobiliser les électeurs et les citoyens … sans oublier les élus.

Pour conclure, je dirai qu’il n’y a pas de formule idéale, et que le choix se fera souvent naturellement en fonction des professionnels en présence, de la période qui va s’ouvrir et du rôle que doit jouer la communication au sens le plus large (communication on et off line, RP, événementiel,…).