Qui êtes-vous ?

Je suis spécialiste de la communication depuis plus de 25 ans, prestataire pour les collectivités territoriales et les entreprises pendant plus de 15 ans, ancien élu local à Orléans avec Jean-Pierre Sueur, et directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne de 2008 à fin 2011. Pour bien profiter de sa vie professionnelle, il faut alterner des périodes d’action et de réflexion. J’ai aujourd'hui la possibilité de prendre un peu de recul pour analyser le travail accompli, mais surtout pour réfléchir à l’évolution de la communication dans la sphère publique et corporate. Vous trouverez dans ce blog des articles sur la communication publique et territoriale sous toutes ses formes. J’espère que vous serez nombreux à partager cette contribution pour que nous puissions tous ensemble crédibiliser davantage notre métier. Fabrice Van Borren Le 17 novembre 2011

mardi 13 décembre 2011

CITOYENS A VOUS DE JOUER


La révolution technologique à laquelle nous assistons est beaucoup plus puissante que toutes les révolutions précédentes. Il suffit de regarder la récente destitution des régimes autoritaires d’Afrique du Nord. La résistance civile par la puissance des réseaux sociaux a provoqué la perte des dirigeants autocratiques et pourrait demain déstabiliser le régime russe avec cet étonnant réveil démocratique. Ces exemples apportent la preuve que plus rien ne pourra se construire comme avant l’arrivée d’internet.
Si cette communication citoyenne s’est très rapidement imposée, elle est loin d’être parfaitement encadrée et peut très vite dégénérée. Il est évident que la plupart de nos blogueurs ne sont pas de vrais journalistes, ils sont tout au plus de grands témoins qui se retrouvent avec un vrai pouvoir. Désinformation, manipulation, intoxication sont les dangers de cette communication citoyenne totalement sans cadre déontologique. La « twittersphère » est un merveilleux outil de communication et une chance extraordinaire de voir la démocratie se développer sur notre planète, la Chine elle-même pourrait très vite être contaminée. Cette communication est également un risque local et temporaire de déstabilisation qu’il ne faut pas négliger

Chez nous, la communication citoyenne est encore sous la domination des structures institutionnelles parce qu’elles ont réussi à prendre le train en marche et à développer des stratégies spécifiques. Pour rappel, cette communication citoyenne est une communication d’intérêt général, qui a pour objet de renforcer le lien social, non pas avec les consommateurs mais avec les usagers-citoyens. C’est une communication pour les citoyens et de plus en plus souvent par les citoyens eux-mêmes. L’émetteur du message qui peut être l’Etat, les collectivités territoriales, le monde associatif ou quelques entreprises doit convaincre le citoyen. Selon Philippe Breton, il existe quatre manières d’atteindre cet objectif : démontrer, argumenter, séduire, manipuler. Seuls les deux premières résistent séparément ou ensemble au filtre de la communication citoyenne. Dans ce contexte la pédagogie n’est jamais éloignée pour sensibiliser les citoyens aux grands enjeux de la société. Il faut aider l’usager citoyen à se faire sa propre opinion afin de modifier ses comportements.
Les grandes thématiques concernées sont l’environnement, le civisme, la santé publique ou la vie démocratique. Par exemple, nous avons à Saint-Etienne développer une année thématique sur le développement durable afin de le rendre plus concret et impliquer l’ensemble des acteurs à se mobiliser autour d’un sujet. En 2009, ce fut l ‘année de l’eau, en 2010 l’année des jardins et en 2011 l’année de l’éco-mobilité. Avec à chaque fois une palette large d’outils et d’actions pour favoriser la curiosité de nos concitoyens.

Impliquer aux prises de décision les citoyens à la vie de leur cité, de leur quartier est devenu une réalité dans la plupart des collectivités locales, particulièrement à travers les conseils de quartier. Ces initiatives ont été suffisantes pendant de longues années malgré leurs faiblesses chroniques de manque de représentativité. Le problème est identique dans toutes les villes de France, ce sont les mêmes catégories sociales qui se déplacent dans ces réunions de quartier. Aujourd’hui, certains élus veulent aller plus loin et élargir la représentativité des habitants qui s’engagent dans l’action citoyenne. Il se trouve que sur cette même période le « grand public » est de moins en moins passif, il veut être entendu mais pas dans les conditions de la démocratie participative classique. La révolution technologique permet de trouver de nouvelles réponses à travers les réseaux sociaux ou les wikis. De chez lui, le citoyen peut faire connaître son avis sur tel ou tel projet, apporter la contradiction aux élus, formuler de nouvelles idées. Inutile de passer des heures en réunion à écouter certains de ses voisins venir parler de la crotte de chien devant chez eux. L’intérêt général redevient d’actualité et le débat démocratique s’enrichit de manière considérable. Et pour accélérer cette mobilisation, l’association « Réseau Evous » a mis en place une formation à la communication citoyenne.

La véritable communication citoyenne n’est encore qu’à ses balbutiements mais devrait très vite être au cœur du débat politique. De nombreux élus twittent régulièrement pour informer leurs électeurs, mais surtout les plateformes des nouveaux média pour qu’elles relaient au plus grand nombre l’information qu’elles viennent de recevoir.

Alors, citoyens à vous de jouer… la communication n’est plus exclusivement aux mains d’un microcosme politique qui refuserait tout dialogue, il est prêt à partager ses responsabilités à la condition d’avoir en face de lui des citoyens mobilisés et acteurs de leur destin, et pas simplement des contestataires sans idée.

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