Historiquement les équipes sont souvent importantes dans les directions de la communication d’une ville et beaucoup moins dans les autres collectivités territoriales. Le dircom a par conséquent un rôle de manager plus ou moins important à jouer. Cette caractéristique démarque les dircoms des uns des autres, car pour le reste les missions sont quasiment les mêmes. Et, si il existe de nombreux profils de dircom, la principale question quant à sa mission est de savoir si l’exécutif souhaite plutôt un technicien ou un stratège. Dans le premier cas, il est au service de l’administration, dans le second il exerce ses fonctions avant tout au service du politique. C’est une configuration que l’on retrouvait plutôt jusqu’à aujourd’hui dans les villes.
Cette situation est en train d’évoluer car de plus en plus le dircom devient un acteur majeur de la vie de la collectivité à qui il est demandé d’avoir une vision stratégique, autant pour valoriser l’action politique que pour promouvoir le territoire. Je défends naturellement cette seconde vision beaucoup plus ambitieuse et en rapport avec les exigences de la bonne perception du projet politique sur le moyen terme, c’est à dire dans la perspective des prochaines échéances électorales !!!
Ainsi, si le dircab peut être une sorte de clone de l’élu par sa proximité humaine et politique, le dircom doit être différent de son patron élu. Il doit l’accompagner pour le comprendre, mais surtout pour comprendre l’environnement dans lequel celui-ci évolue au quotidien. En réalité, il se doit d’être complémentaire, de pouvoir lui dire la vérité que les autres n’oseront pas lui dire par peur de perdre leur position de favori. Un jour le Directeur général de la ville de Saint-Etienne m’avait donné le titre de fou du Roi, je dois avouer que sur l’instant j’avais modérément apprécié cette comparaison et pourtant il avait vu juste. Si un dircom doit être en phase avec la politique menée par l’exécutif, il doit penser autrement que ses chefs. Sa crédibilité proviendra de sa fidélité et de son obéissance critique. S’il n’est pas au cœur de l’action, il est malgré tout dans l’action accompagnatrice. Il ne peut pas avoir une vision militante de son action car il reste avant tout un expert qui doit comprendre le territoire pour construire une stratégie de communication qui liera l’émetteur au récepteur.
Le dircom ne peut donc pas être un simple technicien, même si il lui arrive bien plus souvent qu’on croit de devoir mettre ses mains dans le cambouis, car c’est ainsi qu’il restera l’homme de terrain qui lui confèrera sa crédibilité. La professionnalisation du métier et la nécessité de rendre des comptes ne doivent pas entraîner la direction de la communication dans une simple logique administrative, la communication reste un outil spécifique de l’action politique.
Voici ci-dessous les quatre principes directeurs du dircom auxquels je crois pour mener à bien ses missions :
- Avoir une véritable capacité d’analyse et donc d’autonomie vis-à-vis de l’exécutif et de compréhension du territoire.
- Etre informé (et pourquoi pas participé) en amont des décisions politiques, car pour être à l’écoute des citoyens, il est nécessaire de parfaitement comprendre le projet politique et son incessante évolution. Ainsi, il sera plus aisé de trouver les points de raccordement entre les deux sphères.
- Sensibiliser les élus au fait que la communication n’est pas un secteur d’action comme les autres, mais un élément de réflexion stratégique et d’action transversale à l’ensemble des politiques de la collectivité.
- Rendre lisible le projet politique afin qu’il soit bien compris par l’ensemble des citoyens électeurs comme la réponse à leurs préoccupations.
Le dircom n’est pas là pour se faire aimer, il est là pour être utile. C’est un facilitateur qui aime le travail bien fait, « le bel ouvrage ». Il est tout sauf un besogneux, c’est pour cette raison qu’il aime la lumière même si elle en éclaire un autre. Et, c’est parce qu’il revendique haut et fort cette place aux premières loges parmi les initiés qu’il est craint et respecté, mais aussi jalousé.
Inféodé, impertinent, curieux, original mais loyal et engagé, il sait qu’il sera avant tout jugé sur ces résultats et que rien ne lui sera pardonné en cas d’échec, car ce n’est pas le projet qui sera jugé mauvais mais sa communication qui n’aura pas su rendre visible le changement !!! La confiance ne s’instaure pas, elle se construit au jour le jour entre le patron élu et le dircom.
Stratège, il aime néanmoins la vie réelle, celle qu’il écoute pour mettre ensuite en musique la parole de son patron. La chute est d’autant plus lourde lorsqu’il n’a plus l’écoute et la confiance de celui-ci. Quelque soit son contrat, sa durée de vie est beaucoup plus courte que tous les autres directeurs de la collectivité. Et, pourtant il est et restera un fou du Roi qui n’échangerait pour rien au monde sa place à risque.
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