A quelques mois des
élections municipales nous venons de découvrir la nouvelle vague du baromètre
Epiceum Harris Interactive de la communication locale (étude réalisée en juin
2013). Les résultats de cette étude sont plutôt positifs pour la communication
de nos collectivités, et si la commune reste le niveau le plus apprécié,
l’intercommunalité est dans une phase d’émergence. Il est important de
souligner la qualité de la communication locale perçue par nos concitoyens dans
un contexte politique de défiance absolue. C’est une reconnaissance du travail
des directions de la communication, et nous devons nous en féliciter, elles qui
sont si souvent critiquées pour leur inutilité et leur coût (le budget de
communication représenterait en moyenne 2 euros par habitant et par mois).
Globalement cette
étude nous enseigne que nos concitoyens en remettant en cause la parole
publique, la communication leur paraît crédible non pas parce qu’elle est politique
mais tout simplement parce qu’elle est informative. Et si le maire qui était
jusque là protégé ne l’est plus, la communication de sa commune reste celle qui
est la plus appréciée. C’est cette proximité qui permet de produire de l’information
sur la vie quotidienne, et les outils qui sont utilisés ne sont pas perçus
comme de la propagande politique. Les français font la part des choses entre la
communication de l’institution et la communication partisane.
Il est éloigné le
temps où le journal municipal était considéré comme le journal intime du maire.
Le magazine municipal reçu dans les boîtes aux lettres est aujourd’hui
plébiscité par les français (84% de pénétration dans la population). Et
l’émergence de la communication digitale (site internet, pages officielles sur
les réseaux sociaux, applications smartphones) ne bouleverse pas cette logique
informative. Il n’y a pas de processus de substitution entre le numérique et le
print, mais simplement une complémentarité pour pouvoir toucher un plus grand
nombre de citoyens, tout en soulignant que pour le moment les jeunes se
désintéressent de la communication publique.
Au même moment la
démocratie participative peine entre autre avec l’absentéisme légendaire des
citoyens aux réunions publiques. Il faut souligner que cette communication
numérique inquiète les politiques jusqu’à limiter le libre échange avec leurs
électeurs. Cet essoufflement participatif ne doit pas être perçu comme un
retour en arrière, il existe toujours une volonté de mieux comprendre le
fonctionnement démocratique, mais les français ont le sentiment que l’on ne
leur communique pas tout, en particulier sur la situation financière des
collectivités. L’appétit des français sur une information de contenu politique
(au sens premier du terme, c’est à dire ce qui concerne la Cité) fait partie de
la nécessaire transparence telle qu’elle est exprimée aujourd’hui dans toutes
les études. La situation financière de la collectivité est la préoccupation
première des citoyens dans les choix qu’ils feront lors du prochain scrutin
municipal.
Quelques mots sur
l’intercommunalité qui sera au cœur des prochains débats électoraux. On peut
espérer qu’avec la nouvelle réforme des institutions, les intercommunalités
vont être mieux identifiées, car si les français connaissent enfin leur
existence il en ignorent encore bien souvent leurs missions. Il est évident que
l’organisation territoriale ne facilite pas le travail des communicants
territoriaux, et que l’échelon intercommunal est déjà perçu éloigné de nos
concitoyens. C’est un long travail qui commence à porter ses fruits, en
particulier par les actions de marketing territorial. Cette étude confirme
qu’une bonne communication renforce le lien démocratique et incite à la
participation citoyenne et qu’une absence de communication n’a pas d’effet
inverse. Près d’un français sur deux considère que la communication locale les
aide à mieux comprendre les décisions des élus, et par conséquent sur ce point
nos communicants peuvent mieux faire (en tout cas c’est ce que je penserai si
j’étais élu !!!), tandis que pour plus des 2/3 celle-ci donne une image
positive du territoire. Une nouvelle fois la dimension institutionnelle est
privilégiée par rapport à la dimension partisane.
En ce qui me concerne,
je tirerai trois principaux enseignements de ce baromètre :
-
La
communication locale est utile et informe très correctement les citoyens, et
nous pouvons de nouveau féliciter les communicants territoriaux.
-
La
communication locale n’est pas assez politique (toujours au sens premier) et ne
donne pas les clés pour une meilleure compréhension des enjeux et par
conséquent une assistance à réduire le fossé qui existe entre les élus et leurs
électeurs.
-
La
communication numérique est entrée de plein pied dans le champ de la communication
publique mais doit encore démontrer sa capacité à la modifier pour promouvoir
une démocratie moins représentative et plus participative. Pour ce faire, il
faut espérer que les élus qui sortiront des urnes au mois de mars prochain
seront moins timides et plus engagés.
Cette étude doit nous
réjouir quelque peu dans ce climat morose, notre démocratie n’est pas encore
gravement malade, elle souffre et les dernières affaires n’ont pas amélioré
cette défiance à l’égard des responsables politiques. Cette situation ne
devrait pas empêcher de battre des records en matière de candidature lors des
prochaines municipales !!! La communication publique est indispensable,
légitime et civique. Félicitons nous de ce résultat et espérons que les
professionnels que nous sommes auront davantage de moyens et de légitimité pour
mener à bien leurs missions.
Les
résultats complets et chiffrés de ce baromètre Epiceum Harris Interactive de la
communication locale sont disponibles sur la page Facebook qui lui est dédié.
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