Qui êtes-vous ?

Je suis spécialiste de la communication depuis plus de 25 ans, prestataire pour les collectivités territoriales et les entreprises pendant plus de 15 ans, ancien élu local à Orléans avec Jean-Pierre Sueur, et directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne de 2008 à fin 2011. Pour bien profiter de sa vie professionnelle, il faut alterner des périodes d’action et de réflexion. J’ai aujourd'hui la possibilité de prendre un peu de recul pour analyser le travail accompli, mais surtout pour réfléchir à l’évolution de la communication dans la sphère publique et corporate. Vous trouverez dans ce blog des articles sur la communication publique et territoriale sous toutes ses formes. J’espère que vous serez nombreux à partager cette contribution pour que nous puissions tous ensemble crédibiliser davantage notre métier. Fabrice Van Borren Le 17 novembre 2011

vendredi 13 septembre 2013

BAROMETRE DE LA COMMUNICATION LOCALE, UN SIGNAL POSITIF EN DIRECTION DES RESPONSABLES POLITIQUES

  A quelques mois des élections municipales nous venons de découvrir la nouvelle vague du baromètre Epiceum Harris Interactive de la communication locale (étude réalisée en juin 2013). Les résultats de cette étude sont plutôt positifs pour la communication de nos collectivités, et si la commune reste le niveau le plus apprécié, l’intercommunalité est dans une phase d’émergence. Il est important de souligner la qualité de la communication locale perçue par nos concitoyens dans un contexte politique de défiance absolue. C’est une reconnaissance du travail des directions de la communication, et nous devons nous en féliciter, elles qui sont si souvent critiquées pour leur inutilité et leur coût (le budget de communication représenterait en moyenne 2 euros par habitant et par mois).
Globalement cette étude nous enseigne que nos concitoyens en remettant en cause la parole publique, la communication leur paraît crédible non pas parce qu’elle est politique mais tout simplement parce qu’elle est informative. Et si le maire qui était jusque là protégé ne l’est plus, la communication de sa commune reste celle qui est la plus appréciée. C’est cette proximité qui permet de produire de l’information sur la vie quotidienne, et les outils qui sont utilisés ne sont pas perçus comme de la propagande politique. Les français font la part des choses entre la communication de l’institution et la communication partisane.
Il est éloigné le temps où le journal municipal était considéré comme le journal intime du maire. Le magazine municipal reçu dans les boîtes aux lettres est aujourd’hui plébiscité par les français (84% de pénétration dans la population). Et l’émergence de la communication digitale (site internet, pages officielles sur les réseaux sociaux, applications smartphones) ne bouleverse pas cette logique informative. Il n’y a pas de processus de substitution entre le numérique et le print, mais simplement une complémentarité pour pouvoir toucher un plus grand nombre de citoyens, tout en soulignant que pour le moment les jeunes se désintéressent de la communication publique.
Au même moment la démocratie participative peine entre autre avec l’absentéisme légendaire des citoyens aux réunions publiques. Il faut souligner que cette communication numérique inquiète les politiques jusqu’à limiter le libre échange avec leurs électeurs. Cet essoufflement participatif ne doit pas être perçu comme un retour en arrière, il existe toujours une volonté de mieux comprendre le fonctionnement démocratique, mais les français ont le sentiment que l’on ne leur communique pas tout, en particulier sur la situation financière des collectivités. L’appétit des français sur une information de contenu politique (au sens premier du terme, c’est à dire ce qui concerne la Cité) fait partie de la nécessaire transparence telle qu’elle est exprimée aujourd’hui dans toutes les études. La situation financière de la collectivité est la préoccupation première des citoyens dans les choix qu’ils feront lors du prochain scrutin municipal.

Quelques mots sur l’intercommunalité qui sera au cœur des prochains débats électoraux. On peut espérer qu’avec la nouvelle réforme des institutions, les intercommunalités vont être mieux identifiées, car si les français connaissent enfin leur existence il en ignorent encore bien souvent leurs missions. Il est évident que l’organisation territoriale ne facilite pas le travail des communicants territoriaux, et que l’échelon intercommunal est déjà perçu éloigné de nos concitoyens. C’est un long travail qui commence à porter ses fruits, en particulier par les actions de marketing territorial. Cette étude confirme qu’une bonne communication renforce le lien démocratique et incite à la participation citoyenne et qu’une absence de communication n’a pas d’effet inverse. Près d’un français sur deux considère que la communication locale les aide à mieux comprendre les décisions des élus, et par conséquent sur ce point nos communicants peuvent mieux faire (en tout cas c’est ce que je penserai si j’étais élu !!!), tandis que pour plus des 2/3 celle-ci donne une image positive du territoire. Une nouvelle fois la dimension institutionnelle est privilégiée par rapport à la dimension partisane.

En ce qui me concerne, je tirerai trois principaux enseignements de ce baromètre :
-        La communication locale est utile et informe très correctement les citoyens, et nous pouvons de nouveau féliciter les communicants territoriaux.
-        La communication locale n’est pas assez politique (toujours au sens premier) et ne donne pas les clés pour une meilleure compréhension des enjeux et par conséquent une assistance à réduire le fossé qui existe entre les élus et leurs électeurs.
-        La communication numérique est entrée de plein pied dans le champ de la communication publique mais doit encore démontrer sa capacité à la modifier pour promouvoir une démocratie moins représentative et plus participative. Pour ce faire, il faut espérer que les élus qui sortiront des urnes au mois de mars prochain seront moins timides et plus engagés.

Cette étude doit nous réjouir quelque peu dans ce climat morose, notre démocratie n’est pas encore gravement malade, elle souffre et les dernières affaires n’ont pas amélioré cette défiance à l’égard des responsables politiques. Cette situation ne devrait pas empêcher de battre des records en matière de candidature lors des prochaines municipales !!! La communication publique est indispensable, légitime et civique. Félicitons nous de ce résultat et espérons que les professionnels que nous sommes auront davantage de moyens et de légitimité pour mener à bien leurs missions.

Les résultats complets et chiffrés de ce baromètre Epiceum Harris Interactive de la communication locale sont disponibles sur la page Facebook qui lui est dédié.

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