Qui êtes-vous ?

Je suis spécialiste de la communication depuis plus de 25 ans, prestataire pour les collectivités territoriales et les entreprises pendant plus de 15 ans, ancien élu local à Orléans avec Jean-Pierre Sueur, et directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne de 2008 à fin 2011. Pour bien profiter de sa vie professionnelle, il faut alterner des périodes d’action et de réflexion. J’ai aujourd'hui la possibilité de prendre un peu de recul pour analyser le travail accompli, mais surtout pour réfléchir à l’évolution de la communication dans la sphère publique et corporate. Vous trouverez dans ce blog des articles sur la communication publique et territoriale sous toutes ses formes. J’espère que vous serez nombreux à partager cette contribution pour que nous puissions tous ensemble crédibiliser davantage notre métier. Fabrice Van Borren Le 17 novembre 2011

vendredi 7 mars 2014

2014 : ANNÉE ZÉRO DE LA METROPOLE INTELLIGENTE


Une nouvelle promotion d’élus locaux va prendre le pouvoir dans nos villes et nos agglomérations dans les prochaines semaines. Ils vont être confrontés à d’importantes contraintes financières et de nouvelles exigences de la part de leurs administrés. Par peur de l’innovation, par manque de vision, il ne faudra pas s’étonner qu’une fois encore leur action s’éloigne des programmes sur lesquels ils auront été élus, en particulier sur les problématiques d’avenir.
Et, pourtant sans perdre de temps ils devront trouver de nouvelles solutions et être les précurseurs de cette ville intelligente faite de réseaux toujours plus puissants d’infrastructures et de services numériques. Cette nouvelle urbanité nécessite une autre gouvernance où l’acteur public n’est plus le seul metteur en scène. Et pour répondre aux besoins croissants des citoyens plus urbains et plus mobiles, il va falloir partager le pouvoir de concevoir et de réaliser entre tous les acteurs de la Cité (usagers/citoyens, entreprises, associations ou communautés de réseaux sociaux). C’est une véritable révolution sociétale qui va se produire car pour la première fois l’initiative ne viendra plus du haut et ne sera plus macroéconomique. Cette ville intelligente sera une ville où la technologie ne sera pas omniprésente mais simplement à sa place, une assistance et non un gadget pour mieux vivre le phénomène urbain.
Cette « métropole », car la ville centre n’est plus seule à décider pour tous les habitants du territoire, va devoir imaginer de nouveaux espaces urbains pour occuper notre temps d’urbanité disponible. Avec la transition énergétique rendue possible grâce à la révolution numérique, nous allons libérer de nouvelles forces et conquérir de nouvelles libertés. Une métropole intelligente est un écosystème qui se bâtit autour de quatre piliers : construire des bâtiments et des quartiers anti-gaspi, aménager en haut débit, traiter des données pour de nouveaux services, et exploiter le plus efficacement possible les différents réseaux. Cette stratégie offensive va nécessairement créer des tensions car des choix économiques et sociaux devront être faits (temps de travail, régie ou privatisation, formation, niveau d’endettement, mixité urbaine,…). Un usage optimum des ressources de la Cité est nécessaire pour maximiser nos chances de réussite sans laisser quiconque au bord du chemin. Et, surtout ne nous laissons pas griser afin que les rêves de quelques uns deviennent les cauchemars des autres.
La ville va ainsi se vivre différemment, et la création de nouveaux espaces urbains n’y sera pas étrangère permettant l’émergence d’un design urbain qui lui-même participera à la création d’une identité territoriale attractive. Au confluent de l’urbanisme et de l’Art, et particulièrement de l’Art numérique, nous allons devoir créer un nouveau Vivre Ensemble. Les marques commerciales vont-elles envahir notre environnement urbain et allons-nous être pris en otages ? J’ai confiance en notre démocratie participative pour créer les conditions d’un contre-pouvoir qui insufflera un dialogue entre les citoyens et les merchandisers de l’espace urbain. Par exemple, le leader mondial du mobilier urbain JC Decaux a toujours su trouver le juste équilibre et l’intérêt de tous et s’est déjà positionné en tant qu’acteur de la ville numérique. La situation financière de nos collectivités nécessite d’autant plus aujourd’hui ce partenariat intelligent entre les responsables publics et le monde économique. Inévitablement le design urbain sera un médiateur majeur de la ville en construction.

Ces contraintes financières peuvent être une chance pour créer les conditions d’une métropolisation maîtrisée. Réduire les dépenses en améliorant les services tel est l’objectif de la métropole intelligente. Cependant cette plus grande performance publique ne peut se concrétiser sans une large concertation démocratique. Il va donc falloir expliquer et faire preuve de pédagogie, surtout auprès des populations éloignées de ces thématiques encore trop hermétiques. Il ne faudrait pas créer les conditions d’une fracture numérique, ce sont ces quartiers populaires qui doivent bénéficier avant tout de ces avancées technologiques.
La ville intelligente est une chance de redonner confiance à tous et de prouver qu’il existe un autre chemin que celui du chômage, du repli sur soi, de la ghéttoïsation et de la peur de l’Autre.

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