Une nouvelle promotion d’élus locaux va prendre
le pouvoir dans nos villes et nos agglomérations dans les prochaines semaines.
Ils vont être confrontés à d’importantes contraintes financières et de
nouvelles exigences de la part de leurs administrés. Par peur de l’innovation,
par manque de vision, il ne faudra pas s’étonner qu’une fois encore leur action
s’éloigne des programmes sur lesquels ils auront été élus, en particulier sur
les problématiques d’avenir.
Et, pourtant sans perdre de temps ils devront
trouver de nouvelles solutions et être les précurseurs de cette ville
intelligente faite de réseaux toujours plus puissants d’infrastructures et de
services numériques. Cette nouvelle urbanité nécessite une autre gouvernance où
l’acteur public n’est plus le seul metteur en scène. Et pour répondre aux
besoins croissants des citoyens plus urbains et plus mobiles, il va falloir
partager le pouvoir de concevoir et de réaliser entre tous les acteurs de la
Cité (usagers/citoyens, entreprises, associations ou communautés de réseaux
sociaux). C’est une véritable révolution sociétale qui va se produire car pour
la première fois l’initiative ne viendra plus du haut et ne sera plus
macroéconomique. Cette ville intelligente sera une ville où la technologie ne sera
pas omniprésente mais simplement à sa place, une assistance et non un gadget
pour mieux vivre le phénomène urbain.
Cette « métropole », car la ville
centre n’est plus seule à décider pour tous les habitants du territoire, va
devoir imaginer de nouveaux espaces urbains pour occuper notre temps d’urbanité
disponible. Avec la transition énergétique rendue possible grâce à la
révolution numérique, nous allons libérer de nouvelles forces et conquérir de
nouvelles libertés. Une métropole intelligente est un écosystème qui se bâtit
autour de quatre piliers : construire des bâtiments et des quartiers
anti-gaspi, aménager en haut débit, traiter des données pour de nouveaux
services, et exploiter le plus efficacement possible les différents réseaux.
Cette stratégie offensive va nécessairement créer des tensions car des choix
économiques et sociaux devront être faits (temps de travail, régie ou
privatisation, formation, niveau d’endettement, mixité urbaine,…). Un usage
optimum des ressources de la Cité est nécessaire pour maximiser nos chances de
réussite sans laisser quiconque au bord du chemin. Et, surtout ne nous laissons
pas griser afin que les rêves de quelques uns deviennent les cauchemars des
autres.
La ville va ainsi se vivre différemment, et la
création de nouveaux espaces urbains n’y sera pas étrangère permettant
l’émergence d’un design urbain qui lui-même participera à la création d’une
identité territoriale attractive. Au confluent de l’urbanisme et de l’Art, et
particulièrement de l’Art numérique, nous allons devoir créer un nouveau Vivre
Ensemble. Les marques commerciales vont-elles envahir notre environnement
urbain et allons-nous être pris en otages ? J’ai confiance en notre
démocratie participative pour créer les conditions d’un contre-pouvoir qui
insufflera un dialogue entre les citoyens et les merchandisers de l’espace
urbain. Par exemple, le leader mondial du mobilier urbain JC Decaux a toujours
su trouver le juste équilibre et l’intérêt de tous et s’est déjà positionné en
tant qu’acteur de la ville numérique. La situation financière de nos
collectivités nécessite d’autant plus aujourd’hui ce partenariat intelligent
entre les responsables publics et le monde économique. Inévitablement le design
urbain sera un médiateur majeur de la ville en construction.
Ces contraintes financières peuvent être une
chance pour créer les conditions d’une métropolisation maîtrisée. Réduire les
dépenses en améliorant les services tel est l’objectif de la métropole
intelligente. Cependant cette plus grande performance publique ne peut se
concrétiser sans une large concertation démocratique. Il va donc falloir
expliquer et faire preuve de pédagogie, surtout auprès des populations
éloignées de ces thématiques encore trop hermétiques. Il ne faudrait pas créer
les conditions d’une fracture numérique, ce sont ces quartiers populaires qui
doivent bénéficier avant tout de ces avancées technologiques.
La ville intelligente est une chance de
redonner confiance à tous et de prouver qu’il existe un autre chemin que celui
du chômage, du repli sur soi, de la ghéttoïsation et de la peur de l’Autre.
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