Qui êtes-vous ?

Je suis spécialiste de la communication depuis plus de 25 ans, prestataire pour les collectivités territoriales et les entreprises pendant plus de 15 ans, ancien élu local à Orléans avec Jean-Pierre Sueur, et directeur de la communication de la ville de Saint-Etienne de 2008 à fin 2011. Pour bien profiter de sa vie professionnelle, il faut alterner des périodes d’action et de réflexion. J’ai aujourd'hui la possibilité de prendre un peu de recul pour analyser le travail accompli, mais surtout pour réfléchir à l’évolution de la communication dans la sphère publique et corporate. Vous trouverez dans ce blog des articles sur la communication publique et territoriale sous toutes ses formes. J’espère que vous serez nombreux à partager cette contribution pour que nous puissions tous ensemble crédibiliser davantage notre métier. Fabrice Van Borren Le 17 novembre 2011

jeudi 27 mars 2014

LA NECESSITE DE PROPOSER UNE VISION COPRODUITE DU TERRITOIRE COMMUNAUTAIRE


 La décentralisation s’intensifie avec la nouvelle carte de l’intercommunalité. Jusqu’à présent la communication des communautés urbaines, d’agglomération ou de communes était axée sur une communication sur les services à la population. Ce temps est derrière nous avec l’installation des nouveaux exécutifs. Il va falloir engager de nouvelles priorités en matière de communication communautaire. Certaines structures intercommunales vont même changer de nom et de périmètre entraînant un changement d’identité auprès des forces vives et des habitants. D’autres (et peut-être les mêmes) vont revoir leurs démarches de promotion de leur territoire en accédant à une politique de marketing territorial. Et puis, en ces temps de disette budgétaire, nous allons certainement assister à une redistribution des budgets alloués à la communication entre la ville et la communauté car qui dit nouvelle gouvernance dit nouvelles priorités et nouvelle organisation. 
Territoire, le mot est devenue une icône pour tous ceux qui ont une responsabilité économique, sociale, culturelle ou promotionnelle dans nos collectivités. Cet espace référent appartient à tous et tous doivent définir une vision de celui-ci. Dans le même temps, nous sommes confrontés à une crise de la représentativité qui complique le travail de co-production et de communication car comment s’appuyer sur un leader sans légitimité. De plus l’individualisme et le communautarisme ont relégué le sentiment collectif au second plan. C’est aussi parce que le politique a perdu de son autorité « morale » que nous connaissons ce délitement continu du lien social dans la Cité. 
 
Je défends l’idée qu’il faut par conséquent reprendre l’initiative et utiliser cette incontournable politique publique territoriale pour redonner du sens à l’action politique. L’acteur politique accepte de ne plus être le leader, celui qui impose sa vision, mais un coordinateur d’une démarche coproduite, il rentre dans le rang pour mieux rebondir car il reste indispensable à toute démarche collective. Ce marketing territorial sera collectif ou ne sera pas. 
La crise de représentativité des élus locaux peut reculer si ceux-ci recréent un ciment social qui les légitime. Or, les intercommunalités qui n’ont toujours pas de légitimité démocratique, malgré le changement électoral, vont devoir démontrer leur utilité au-delà des compétences « techniques » qu’elles ont acquises. Toutefois elles sont en train d’acquérir cette autorité en raison de leur capacité financière et de l’étendue de leurs compétences, et vont alors pouvoir affirmer haut et fort leur légitimité. C’est en proposant une vision du territoire et par conséquent le redressement du sentiment collectif qu’elles y arriveront. Elles doivent se faire entendre par une parole politique qui s’appuie sur le patrimoine culturel, les aspirations des habitants et des acteurs économiques et sociaux du territoire. La communication peut alors entrer dans le jeu. 
Dans une vision traditionnelle de l’organisation des collectivités, le maire est le mieux placé pour tenir le rôle de chef d’orchestre. La situation actuelle qui a vu une relative perte de confiance entre le maire et ses administrés (la rupture électorale lors des municipales a été cinglante) et l’évolution des pouvoirs entre la ville et la structure intercommunale m’amènent à penser que l’exécutif communautaire va devoir jouer un rôle majeur dans l’affirmation d’une identité territoriale  qui s’opposerait à une tendance d’auto-organisation des administrés en dehors de toute notion de territorialité. 
 
La démocratie participative est fondamentale dans la survie du territoire, elle ne peut être un jeu de rôle où chacun fait semblant qu’il est un rouage essentiel. Elle doit se rapprocher des formes d’organisation communautaire que l’on voit se développer dans la société civile. Le citoyen n’est pas qu’un usager de la Cité et les élus ne sont pas que des représentants d’une catégorie d’administrés.
 
L’agglomération peut avoir une image, une notoriété sans être une marque. Elle en devient une lorsqu’elle exprime un système de valeurs de compétence (excellence, qualité, esprit d’équipe), de conquête (innovation, ambition, succès, performance), de conduite (tradition, passion, responsabilité), sociétales (environnement, durabilité), relationnelles (respect, confiance), morales (éthique, intégrité), d’épanouissement, sociales (égalité, équité, amélioration de la qualité de vie), ou de dépassement (innovation, partenariat) à travers des actions cohérentes. La marque est avant tout au service d’une stratégie de développement économique, compétence à part entière de l’agglomération. Les valeurs vont permettre de donner du sens à l’action politique et par conséquent de « faire sens », en incitant les acteurs à aller dans une direction commune. Dans le cadre de la concurrence entre les territoires, l’identité est un élément d’attractivité pour le monde économique. Il faut attirer les investisseurs et cette action est d’autant plus profitable qu’elle a réussi à entraîner, mobiliser les forces vives.  
A cette dimension traditionnelle de l’attractivité, il faut ajouter la transition numérique. Je suis persuadé qu’elle va générer de nouveaux espaces démocratiques et de nouveaux liens entre les administrés et leurs représentants. La Smart City (au niveau de l’agglomération ou de la communauté urbaine) va être un enjeu des années à venir et un élément majeur d’attractivité. Innovation, efficacité, partenariat, interactivité, durabilité, une vision territoriale va voir le jour autour de ces dynamiques. Les villes et les agglomérations, qui seront les premières à s’engager dans cette voie et qui sauront établir une stratégie numérique, verront prospérer leurs atouts et renforcer leur attractivité aussi bien vers leurs administrés que vers les agents extérieurs.
 
La communication, malgré une critique facile et généralisée dès qu’il y a une insuffisance démocratique, est légitime et doit être considérée comme une politique publique. Il ne peut y avoir de bonne communication que si il y a une bonne politique qui propose une vision coproduite du territoire. Il faut donc espérer que d’ici quelques mois nous verrons une « révolution » métropolitaine afin de bouleverser la vie en ville et la vie de la ville. Nouvelles technologies et communication seront à coup sûr au cœur de la dynamique urbaine pour proposer une nouvelle vision territoriale.



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